La fresque de la montagne : un outil face au changement climatique ?

Vous connaissez la fresque du climat ? Véritable enjeu d’éducation, c’est un atelier collaboratif et ludique qui sensibilise aux enjeux du changement climatique. Il s’appuye sur les données scientifiques du GIEC. Les participants sont amenés à construire une fresque visuelle des causes et conséquences du dérèglement climatique, favorisant ainsi la compréhension et l’action. Elle a été créée en 2018 par Cédric Ringenbach, ingénieur et consultant en transition écologique, spécialisé dans la vulgarisation scientifique sur le climat.
Depuis de nombreuses fresques ont été pensées pour partager, grâce à l’intelligence collective la recherche scientifique et les dernières études : la fresque océane, la fresque de la biodiversité… et la fresque de la montagne.

Portée par Educ’Alpes, cette fresque permet d’aborder l’enjeu et les effets du changement climatique, en partant des observation menée dans la communauté scientifique. Ainsi, la transition énergétique, l’évolution de la ressource en eau et les risques naturel dans le massif alpin et bien au-delà, dans nos montagnes, tiennent à une chose dans les prochaines années : limiter le réchauffement.

La science et la protection de l’environnement sont plus que jamais essentielles. Le podcast « Le Camp de Base » vous emmène aujourd’hui à la rencontre de Maëlys Bernot, médiatrice scientifique. Nous avions déjà parlé de culture, médiation et communication scientifique avec Raphaël Lachello et Symon Welfringer, dans un épisode précédent. Mais si vous n’êtes pas familiers de ces notions, un encart vous attend en fin d’article.
Maïlys nous présente un outil qu’elle a contribué à développer : la Fresque de la Montagne. Plongeons dans cet univers où science et société se rencontrent pour mieux comprendre et agir face aux défis climatiques.

La médiation scientifique : un pont entre science et société

Maëlys Bernot, médiatrice scientifique basée à Gap dans les Hautes-Alpes, nous explique son rôle crucial dans la transmission des connaissances scientifiques au grand public. Son travail ne se limite pas à vulgariser des concepts complexes. Il vise à créer des liens et à susciter l’intérêt et l’engagement des citoyens.

« La médiation scientifique, souvent, on a un petit peu l’image de Jamy de C’est pas sorcier qui est en train de raconter tout plein de trucs sur les sciences. Donc, c’est un peu l’idée. L’idée, c’est vraiment de faire le lien entre sciences et sociétés, entre la recherche et le grand public. » – Maëlys Bernot

La médiation scientifique, est un processus interactif qui vise à créer des liens entre la science et la société. Elle ne se limite pas à la vulgarisation des connaissances, mais implique une co-construction avec le public. Les médiateurs scientifiques facilitent la compréhension des concepts scientifiques en utilisant des outils variés (ateliers, des jeux et des discussions). L’objectif est de rendre la science accessible, de susciter l’intérêt et l’engagement des citoyens. Par ce biais, ils sont aussi outillés, pour qu’ils puissent s’approprier les connaissances et développer un esprit critique. Cette approche permet de démystifier la science et favoriser une meilleure compréhension du monde. La médiation encourage une participation active aux débats scientifiques et environnementaux.

Maëlys insiste sur l’importance de ne pas seulement vulgariser, mais aussi de concevoir des projets avec les gens, en s’appuyant sur leurs connaissances. Cette approche interactive permet de créer un véritable échange et d’enrichir mutuellement les participants et les médiateurs.

« Il y a vraiment cette notion de lien et de double sens pour moi dans la médiation scientifique. […] J’apprends autant que les gens à qui j’essaie d’apprendre des choses et de faire apprendre des choses. » – Maëlys Bernot

La Fresque de la Montagne : outil d’intelligence collective

La Fresque de la Montagne est un atelier participatif qui utilise l’intelligence collective. Ils sont amenés à comprendre les impacts du changement climatique sur les territoires de montagne. Inspirée par la Fresque du Climat, cet outil permet de visualiser les causes et conséquences du réchauffement climatique.

« La fresque de la montagne est un peu particulière par rapport aux autres fresques parce qu’elle se base sur un grand paysage. On a un grand paysage de montagne qui nous sert de support visuel pour décrire les causes et les conséquences du changement climatique en montagne. » – Maëlys Bernot

Comment fonctionne une fresque de la montagne ?

L’atelier se déroule en deux activités principales, qui permet de s’intéresser à différentes thématiques autour de l’adaptation au changement climatique :

  1. Compréhension des Mécanismes : les participants utilisent un jeu de cartes pour identifier et relier les différents facteurs contribuant au changement climatique en montagne. Cette phase permet de structurer les connaissances et de prendre conscience des enjeux.

« On a des cartes qu’on doit mettre en lien. L’idée, au début, c’est vraiment de rattacher les gens à la montagne. […] Après, on va parler à la fois du changement climatique de manière plus globale. Essayer de voir ce qui a changé dans les territoires de montagne ces dernières années. » – Maëlys Bernot

  1. Projection et Action : ensuite, les participants se projettent en 2050. Ils imaginent des récits collectifs incarnant différents acteurs des territoires de montagne (citoyens, politiques, socioprofessionnels, vivant non-humain). L’objectif est de planifier des actions concrètes pour atteindre la neutralité carbone.

« On essaie de se projeter dans les territoires de montagne en 2050. L’idée, c’était de donner des clés de compréhension des dynamiques politiques des territoires de montagne. […] On va essayer de planifier différentes actions pour voir comment on fait pour en arriver là. » – Maëlys Bernot

Les Bénéfices de la Fresque de la Montagne

La fresque permet d’abord de sensibiliser un large public aux enjeux climatiques en montagne. Cela permet de structurer les connaissances de manière ludique et interactive.

« Ça permet vraiment des prises de conscience de manière plus globale. Parfois, on peut avoir entendu parler de certains éléments à droite et à gauche, mais ça permet aussi de les restructurer et d’aller creuser certains éléments. » – Maëlys Bernot

Cet atelier pédagogique permet aussi de rêver la montagne de demain, un nouvelle économie selon différents secteurs, et une stratégie pour tenter d’endiguer le phénomène du réchauffement climatique. En imaginant des scénarios futurs et en planifiant des actions, les participants sont encouragés à passer à l’action et à s’engager concrètement.

« Ça permet vraiment de redonner du sens et de recréer du collectif dans nos sociétés qui sont très individualistes. Et ça permet aussi de guider et d’orienter sur des actions impactantes. » – Maëlys Bernot

L’atelier favorise les échanges et la coopération entre les participants, recréant du lien social et renforçant le sentiment d’appartenance à une communauté.

« Ça offre un grand espace de débat, de réflexion, d’échange, d’expression. Et en fait, c’est une manière de penser collectivement la réorganisation des sociétés. » – Maëlys Bernot

Retours et Impacts

Les retours des participants sont extrêmement positifs. La fresque permet de transformer des émotions négatives face au changement climatique en motivation pour agir. Elle offre des clés d’action concrètes et redonne espoir en un avenir meilleur pour les territoires de montagne.

« En général, c’est des super retours. Quand on fait un constat des impacts du changement climatique en montagne, ça peut être hyper démoralisant. L’idée, c’était d’utiliser ces émotions qu’on pourrait qualifier de négatives pour faciliter le passage à l’action et de ne pas laisser repartir les gens super plombés. » – Maëlys Bernot

Agir pour la Montagne de Demain

La Fresque de la Montagne est bien plus qu’un simple atelier. C’est un outil puissant pour éduquer, mobiliser et transformer nos sociétés face aux défis climatiques. En participant à une fresque, chacun peut contribuer à imaginer et à construire un avenir durable pour les montagnes.

« Ce qui est assez intéressant avec cet outil-là, c’est que c’est utilisable auprès de plein de publics différents, à la fois du grand public et à la fois du public professionnel. […] On peut l’utiliser de plein de manières différentes. » – Maëlys Bernot

Culture, médiation et communication scientifique

La culture scientifique désigne l’ensemble des connaissances scientifiques acquises par un individu. C’est aussi la capacité à utiliser ces connaissances pour identifier des questions scientifiques, acquérir de nouvelles compétences, expliquer des phénomènes scientifiques et tirer des conclusions fondées sur des faits. Elle inclut également la compréhension des caractéristiques des sciences comme forme de recherche humaine. Elle transmet la conscience du rôle des sciences et de la technologie dans la constitution de notre environnement matériel, intellectuel et culturel. La culture scientifique implique également la volonté de s’engager en tant que citoyen réfléchi dans des problèmes à caractère scientifique. Elle est transmise par des acteurs tels que les laboratoires, les organismes de recherche, les musées scientifiques, les CCST, et les associations. Ils contribuent à la diffusion de ces connaissances au sein de la société. Cette transmission vise à partager, échanger, expérimenter et débattre des idées autour des questions scientifiques. Cela favorise ainsi une meilleure compréhension et une participation active des citoyens dans les débats scientifiques et environnementaux.

La médiation scientifique et la communication scientifique sont deux approches distinctes pour transmettre des connaissances scientifiques au public. La communication scientifique se concentre principalement sur la diffusion d’informations souvent à travers des articles, des conférences ou des publications. Cela vise à informer et à éduquer le public sur des découvertes ou des concepts scientifiques. En revanche, la médiation scientifique adopte une approche plus interactive et participative. Elle tente de créer un dialogue entre les scientifiques et le public, en utilisant des outils variés comme des ateliers, des jeux et des discussions. L’objectif est non seulement de transmettre des connaissances, mais aussi de susciter l’intérêt, l’engagement et la co-construction des savoirs avec les participants. La médiation scientifique cherche à rendre la science accessible et à outiller les citoyens. Ainsi, ces derniers peuvent s’approprier les connaissances et développer un esprit critique, favorisant ainsi une meilleure compréhension et une participation active aux débats scientifiques et environnementaux.

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