Aurélien Buiron, alias Ghost in the Loop, est un artiste sonore et musicien dont le travail se situe à la croisée de la musique électronique, du fieldrecording et de la glaciologie. Né en Rhône Alpes, bercé par la vue du Mont Blanc, il a toujours trouvé son « camp de base » là où les montagnes se dessinent à l’horizon. Opticien lunetier de formation, il a longtemps pratiqué la musique en marge de sa vie professionnelle, avant de plonger tête première dans l’univers du fieldrecording et de l’expérimentation sonore.
Son projet « Le Champ de la Glace » marque un tournant : équipé de micros de contact, d’hydrophones et de synthétiseurs modulaires, il part enregistrer les sons des glaciers, captant les craquements de la glace, les bulles d’air prisonnières, les eaux de fonte. Ces enregistrements, souvent imperceptibles à l’oreille nue, deviennent la matière première de compositions électroniques ambiant, où la nature elle-même semble jouer de ses propres instruments.
« La nature, la musique et la nature ont pris une place centrale dans ma pratique. Je me rends compte que la musique est littéralement de partout, tout le temps. » — Ghost in the Loop dans le Camp de base podcast
De la montagne à la scène internationale
Autodidacte et passionné, Aurélien a transformé sa pratique en une démarche artistique et militante. Son album « Le Champ de la Glace », né d’une expédition sur le glacier de Zinal en Suisse, a séduit aussi bien le grand public que la communauté scientifique. Invité à l’UNOC (Conférence des Nations Unies sur l’océan), il y a partagé sa vision d’un art sonore engagé, où la technologie rencontre l’écologie. Aujourd’hui, il collabore avec des glaciologues, des activistes et d’autres artistes pour sensibiliser, à travers le son, à la disparition accélérée des glaciers.
Un manifeste sonore
Pour Aurélien, l’art est un moyen de créer de nouveaux imaginaires pour la montagne. Il défend une approche résiliente et respectueuse des milieux naturels, où la technologie (synthétiseurs, micros ultra-sensibles) sert à révéler la beauté et la vulnérabilité des paysages glaciaires. Son travail interroge : comment écouter la nature ? Comment la musique peut-elle nous reconnecter à des environnements en danger ?
Dans cet épisode, il revient sur son parcours, ses techniques d’enregistrement, et ses rencontres avec des scientifiques comme Heidi Sevestre. Il explique aussi comment, en zoomant dans le son, on découvre des rythmes, des mélodies et des textures insoupçonnées – une preuve que la musique est partout, même dans le silence apparent des glaciers.
À écouter pour :
- Découvrir l’univers méconnu du field recording et de la musique générative
- Comprendre les enjeux écologiques de la cryosphère à travers l’art
- S’inspirer d’une démarche créative où science, technologie et poésie se répondent
