Fin mars, j’ai enregistré un épisode au Musée Stendhal, un lieu qui flatte l’imagination. L’appartement Gagnon était la demeure du grand-père de l’écrivain au XIXè siècle. Il est désormais la propriété de la Ville de Grenoble. Mon invitée du jour n’est autre que Catherine Mariette, professeure de littérature à l’Université Grenoble Alpes. Cette dernière lui a consacré sa thèse.
Le jeune Henri Beyle, plus connu sous le nom de Stendhal et auteur du Rouge et le Noir, a grandi au coeur de Grenoble, ville qu’il exècre. La bourgeoisie, milieu social duquel il est issue, est beaucoup trop étriquée pour lui. Mais depuis la treille fleurie de l’appartement de son grand-père, il voit les sommets enneigés, dont il s’éprend, et qui seront le paysage de ses récits. Une occasion de comprendre les inspirations de l’auteur du XIXè siècle, pas si éloignées de celles de nos contemporains 😃✨

Un épisode enregistré sous la treille de Stendhal
L’héritage de Stendhal et son amour des montagnes
Ses ouvrages sont inspirés de la richesse de son imagination et la précision de son observation. Il développe un amour pour les montagnes, particulièrement celles encadrant la ville de Grenoble, sa ville natale. Catherine Mariette me dévoile dans cet épisode un panorama intime et grandiose sur la vie et les inspirations de cet écrivain. Ce fut un moment d’échange et de découverte enrichissant, un véritable « camp de base » pour l’exploration des passions de Stendhal.
Des paysages gravés dans l’âme
Stendhal était captivé par les montagnes. Elles étaient sa source d’évasion face au conformisme étouffant de la société grenobloise de son époque. Ce contraste entre son admiration pour la nature et son aversion pour les conventions sociales révèle la complexité de sa personnalité. À travers ses œuvres, les montagnes émergent non seulement comme un refuge mais aussi comme une muse. Dans ses « Mémoires d’un Touriste », Stendhal décrit la montagne. Il la sublime et traduit non seulement la beauté du paysage mais aussi les échos de l’histoire. Il raconte le passage d’Hannibal, perspective qui enrichit d’autant plus notre compréhension des paysages.
Grenoble, source d’inspiration et de tourment
Stendhal entretenait un rapport contrasté avec Grenoble. Si les montagnes environnantes le fascinaient, la ville même et sa société le répulsaient. Cet amour complexe pour son lieu de naissance a nourri sa réflexion sur la liberté individuelle et son imagination. La critique sociale est aussi un des thèmes omniprésents dans ses romans.
Le voyage, vers la création et l’imagination
Les voyages en Italie de Stendhal lui ont permis de renouveler son inspiration. L’Italie. Les paysage italiens montagneux rappelant ceux de Grenoble, a éveillé en lui une réplique émotionnelle intense. Milan, où « l’horizon est peut-être un peu semblable à celui qu’on voit à Grenoble » devient ainsi un double romantique de sa ville natale. Dans Le Rouge et le Noir, l’élévation physique et morale de Julien Sorel dans les montagnes symbolise son propre désir d’élévation sociale et d’indépendance. Ce paysage, à la fois belle contrée et terrain d’épreuves, reflète les ambitions et les conflits internes du personnage.

Stendhal : un legs universel
L’œuvre de Stendhal capture l’essence de l’humanité avec ses passions, ses luttes et ses idéaux. Son amour pour les montagnes, loin d’être une simple affinité personnelle, est un témoignage de son engagement profond envers la beauté et la complexité de la vie. Je vous invite à écouter l’épisode du podcast pour plonger encore plus profondément dans l’univers de Stendhal et son amour inépuisable pour les montagnes. Un voyage littéraire qui promet réflexion et émerveillement.
Vous aimez les livres et leurs auteur-e-s ? Le Camp de base a mis à l’honneur Ella Maillart dans Oasis Interdites, Simon Parcot et Paul de Chatelperron dans Carnet de guides : pour écouter les épisode, cliquez sur les titres 🙂
